Non à l'initiative anti-minarets
Intégrer au lieu de s'attaquer aux symptômes
L'initiative contre la construction de minarets n'est pas le moyen adéquat pour obliger les musulmans de respecter les valeurs fondamentales en vigueur. Selon le PEV, ce serait bien plus avec un nouvel article constitutionnel, qui garantit la liberté de croyance mais demande également le respect de la tradition chrétienne suisse. L'assemblée des délégués du Parti Evangélique Suisse, réunie le samedi 20 juin à Winterthour, a refusé l'initiative anti-minarets.
Le Parti Evangélique Suisse a pris le mot d'ordre concernant l'initiative anti-minarets. Après le mot de bienvenue par la municipale Maja Ingold (PEV, Winterthour), les conseillers nationaux Christian Waber (UDF, Wasen) et Walter Donzé (PEV, Frutigen) ont exposé aux délégués les arguments en faveur, respectivement contre l'initiative anti-minarets. Waber a défendu le point de vue que l'initiative résolvait des problèmes avant leur apparition. Selon lui, une interdiction du minaret ne serait pas contraire aux droits fondamentaux puisque les minarets ne sont pas obligatoires pour le culte musulman. Pour le conseiller national Walter Donzé, l'initiative anti-minarets n'est pas le moyen adéquat pour obliger les musulmans à respecter les valeurs fondamentales suisses. Il a demandé l'adoption d'un nouvel article constitutionnel. Un tel article permettrait à tout un chacun d'exercer sa religion librement. Mais il devrait aussi exprimer clairement que notre pays connaît une longue tradition de foi et de culture chrétiennes qui est à respecter. Toujours selon Donzé, c'était en garantissant la liberté de croyance que la Suisse avait pu sortir de siècles de conflits religieux. Ce ne serait pas judicieux de renoncer à cet acquis important. Mais la Suisse a un devoir de faire respecter les lois en vigueur en poursuivant de manière conséquente les appels à la violence, les mariages forcés, l'excision des filles ou encore l'application de la charia. Un non à l'initiative ne signifie pas un droit automatique à la construction des minarets. Mais le conseiller national considère que la plupart des musulmans immigrés sont prêts à s'intégrer sans histoires et opposés aux revendications violentes des groupes islamistes. Selon lui, il est plus judicieux de surveiller la teneur des messages transmis à l'intérieur des mosquées
et centres culturels que d'interdire des minarets.
Le verdict des délégués est clair: le PEV ne veut pas des minarets et encore moins de l'appel du muezzin à la prière. Mais il est de l'avis que l'initiative anti-minarets détourne l'attention de l'intégration comme priorité absolue, engendre exclusion et refus et a un effet néfaste en ce qui concerne les efforts d'intégration. Les délégués ont décidé avec 92 voix contre 29 de refuser l'initiative anti-minarets.





